29 août 2025
L’insuffisance cardiaque nécessite un traitement ininterrompu comportant une adaptation de l’hygiène de vie à la maladie et un traitement médicamenteux. Lorsque ce traitement est insuffisant, l’équipe médicale spécialisée peut avoir recours à la pose d’un dispositif implantable cardiaque.
Insuffisance cardiaque : adapter son hygiène de vie
L’insuffisance cardiaque est une maladie chronique qui ne peut pas être guérie définitivement. Toutefois, elle peut être stabilisée grâce à une hygiène de vie adaptée et à la prise régulière des médicaments.
L’hygiène de vie est primordiale : elle complète l’action des médicaments pour diminuer les symptômes. Elle évite l’aggravation de l’insuffisance cardiaque et le risque d’hospitalisation.
Insuffisance cardiaque : modifier ses habitudes alimentaires
Diminuer le sel dans son alimentation
Une alimentation salée est un facteur d’aggravation et de décompensation de l’insuffisance cardiaque. En effet, le sel agit comme une éponge et favorise la rétention d’eau. Une consommation trop importante de sel peut entraîner une surcharge du corps en eau avec l’apparition d’œdèmes sur les jambes, l’abdomen, mais aussi dans les poumons.
La consommation de sel ne doit pas excéder 4 à 6 grammes par jour, parfois moins en fonction de l’avis du médecin. Il est important de suivre quelques règles simples pour agir au quotidien :
- limiter, voire supprimer, le sel dans l’eau de cuisson ;
- éviter de resaler les aliments dans son assiette (astuce : supprimer la salière de la table) ;
- utiliser le plus possible les produits frais ou congelés non préparés ;
- ajouter des herbes aromatiques, des épices, du jus de citron, de l’oignon, de l’échalote ou de l’ail pour rehausser le goût des aliments ;
- apprendre à connaître les aliments riches en sel pour les éviter (charcuterie, fromage, viennoiseries, pâtisseries et plats cuisinés industriels, chips, biscuits apéritifs, sauces et condiments, fast-food, etc.) ;
- choisir une eau minérale à faible teneur en sodium (les eaux gazeuses sont souvent plus salées) ;
- éviter les médicaments effervescents délivrés sans ordonnance qui contiennent beaucoup de sel ;
- bien lire les étiquettes d’emballage. Sur les étiquettes d’emballage, il est utile de rechercher la quantité de sel aussi appelé « chlorure de sodium » ou « sodium ». Un gramme de sodium correspond à 2,5 g de sel. La teneur en sel est exprimée pour 100 g de produit.
La quantité de sel absorbée dépend de la quantité d’aliments consommée. Par exemple, un produit contient 1,5 g de sel pour 100 g ; pour 300 g de ce produit, 4,5 g de sel sont ingérés.
La fiche mémo « Mes réflexes pour réduire le sel » vous permet d’identifier les aliments trop salés et ceux à privilégier, en vous donnant des conseils pour éviter le sentiment de frustration.
Insuffisance cardiaque : que boire ?
L’eau consommée doit être à faible teneur en sodium, en évitant les eaux gazeuses souvent salées.
Les apports en liquide (eau, café, thé, jus de fruits, lait, soupe…) conseillés sont de 1 à 2 litres par jour. En cas d’aggravation de l’insuffisance cardiaque (avec des œdèmes, un essoufflement) ou en cas d’hyponatrémie, le médecin demande à son patient de réduire cette consommation de liquide.
Pour protéger le cœur, il est conseillé de limiter sa consommation d’alcool. Il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque, mais des consommations à risque plus ou moins élevé.
La valeur repère est de 10 verres d’alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour. Toutes les boissons alcoolisées (bière, vin, alcool fort, mélange de soda et d’alcool vendu en canette, etc.) doivent être incluses dans ce décompte.
Il est recommandé d’avoir des jours dans la semaine sans consommation. Consultez les repères de consommation d’alcool.
Volumes de différentes boissons équivalant à un verre d’alcool
Évaluer ses apports alimentaires quotidiens
Le médecin évalue avec son patient les apports alimentaires nécessaires pour couvrir ses besoins journaliers. L’alimentation est adaptée en fonction de l’activité quotidienne, d’un éventuel surpoids ou au contraire d’un amaigrissement récent ainsi qu’n fonction de l’importance de l’insuffisance cardiaque.
Il est conseillé d’adopter une alimentation variée et privilégiant les aliments bénéfiques pour à la santé avec des fruits, des légumes frais, des légumes secs et des céréales. Mais attention aux aliments salés ou gras.
Pour connaître la composition nutritionnelle d’un aliment, consultez la table Ciqual de l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail.
Limiter les graisses alimentaires
Une alimentation riche en graisses favorise la prise de poids et augmente le risque d’avoir, ou d’aggraver, un taux sanguin de cholestérol élevé, une maladie du cœur et des vaisseaux (maladie cardiovasculaire). Les artères coronaires qui alimentent le muscle du cœur en oxygène et substances nutritives sont une cible privilégiée de ces maladies cardiovasculaires.
Toutes les graisses n’ont pas les mêmes effets sur la santé. Il vaut mieux privilégier la consommation de graisses insaturées (« bonnes graisses ») car elles contribuent au bon fonctionnement du cœur et des vaisseaux.
Conserver une activité physique quand on a une insuffisance cardiaque
Les personnes insuffisantes cardiaques tolèrent mal l’effort physique et adoptent des comportements sédentaires. Ce déconditionnement à l’effort ne fait que majorer cette intolérance aboutissant à un cercle vicieux et à une aggravation de l’insuffisance cardiaque.
Une activité physique adaptée, associée à une diminution des temps de sédentarité, contrebalance ces effets nocifs.
Une activité physique régulière, adaptée à la personne et répondant à ses souhaits est prescrite au même titre que les médicaments. L’activité d’endurance d’intensité modérée et le renforcement musculaire avec échauffement et récupération prolongés sont recommandés.
L’exercice physique contribue à renforcer le cœur pour qu’il travaille plus efficacement. Il permet d’augmenter le bien-être et l’autonomie.
Diminuer ses temps de sédentarité
La sédentarité est une situation d’éveil caractérisée par une très faible dépense d’énergie. Elle correspond au temps passé, assis, couché ou debout sans bouger (sans mouvement conduisant à une dépense d’énergie).
Les comportements sédentaires sont par exemple :
- se déplacer en véhicule motorisé ;
- être assis pour lire, écrire, faire un travail de bureau, étudier, passer du temps devant un écran (télévision, jeux vidéo, ordinateur) ;
- être spectateur d’un évènement sportif ;
- être debout dans une file d’attente ;
- être allongé pour lire, regarder la télévision…
Maintenir son activité physique
Lorsque l’insuffisance cardiaque est stable, il est recommandé de pratiquer une activité physique modérée comme la marche.
Avant de débuter une activité physique, la personne présentant une insuffisance cardiaque doit en parler à son médecin. Il vérifie qu’il ne présente pas de contre-indications à l’exercice physique et lui conseille le type d’activité le plus adapté à son état. Un exercice adapté ne doit pas déclencher d’essoufflement, de palpitations ou de fatigue.
Le médecin peut prescrire des séances d’activité physique adaptée en privilégiant les exercices d’endurance et de renforcement musculaire.
Choisir des activités physiques modérées
La marche est une activité qui peut facilement être intégrée dans la vie quotidienne.
Les activités physiques en milieu aquatique sont aussi souvent conseillées car elles permettent de se muscler en douceur, l’eau diminuant la sensation de difficulté liée à l’effort. Elles sont donc recommandées si vous avez des problèmes articulaires ou un surpoids.
La marche à pied est aussi une bonne activité pour débuter ou reprendre une activité physique. N’hésitez pas à faire des pauses : commencez lentement et augmentez progressivement la distance ou l’intensité de l’activité à mesure que vos capacités cardiaques s’améliorent. Il vaut mieux marcher trois fois 5 minutes et vous sentir bien plutôt que de vouloir à tout prix marcher 15 minutes en continu, au risque de vous fatiguer.
Les compétitions, les efforts explosifs, la musculation lourde et les environnements à risque (plongée sous-marine, activité physique en altitude, en particulier à partir de 1 500 mètres ou par grand froid) sont le plus souvent déconseillés ou contre indiqués.
Consulter le livret « Insuffisance cardiaque – L’activité physique pour votre santé » (PDF)
Signaler à son médecin tout symptôme anormal au cours d’une activité physique
Si un symptôme inhabituel apparaît (par exemple, si vous vous sentez plus essoufflé ou plus fatigué que d’habitude, ou si vous ressentez des étourdissements, des douleurs thoraciques, des palpitations, etc.), il est préférable de vous arrêter et de le signaler à votre médecin.
Faites le point régulièrement avec votre médecin sur votre activité physique pour réajuster votre programme en fonction de votre bilan d’insuffisance cardiaque.
À quoi sert la réadaptation cardiaque ?
Votre médecin peut vous prescrire une période de réadaptation cardiaque qui comprend un programme d’activité physique pour « ré-entraîner » votre cœur à l’effort en toute sécurité.
Elle est réalisée dans une structure médicale et encadrée par des professionnels de santé qui vous apprennent à adapter l’intensité et la durée de votre activité physique ainsi que vos périodes de repos. Vous bénéficiez aussi de conseils personnalisés et d’ateliers (groupes de parole, apprentissage de techniques de relaxation, conseils nutritionnels, conseils d’observance du traitement médicamenteux, etc.) pour apprendre à gérer votre insuffisance cardiaque.
Arrêter de fumer pour protéger son cœur
L’arrêt du tabac est essentiel pour protéger votre cœur et plus particulièrement en cas d’insuffisance cardiaque. Votre médecin traitant vous accompagne dans votre démarche de sevrage tabagique et peut vous proposer un traitement de substitution à la nicotine, sous forme de timbres, de gommes à mâcher ou de comprimés à faire fondre sous la langue.
Si les dosages sont adaptés, ces substituts comblent le manque de nicotine : les effets désagréables liés à l’arrêt du tabac (irritabilité, difficultés de concentration, humeur dépressive, troubles du sommeil ou de l’appétit, etc.) disparaissent ou diminuent.
Un soutien psychologique ou médical peut être nécessaire.
Ce contenu est rédigé par :
• le docteur Laurence Rinuy, médecin-conseil à l’Assurance Maladie,
• le docteur Myriam Boivin, médecin-conseil à l’Assurance Maladie,
• et le docteur Jean-François Laurent, pharmacien-conseil à l’Assurance Maladie.