11 décembre 2025
La maladie d’Alzheimer se traduit par des troubles de la mémoire, de l’exécution de gestes simples de la vie courante, de l’expression orale ou écrite, de l’orientation dans le temps et l’espace. C’est la maladie neurodégénérative la plus fréquente. Elle survient le plus souvent après 65 ans.
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
Maladie d’Alzheimer : une maladie neurodégénérative
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative caractérisée par une atteinte progressive et irréversible du cerveau. La perte des cellules nerveuses ou neurones est lente mais inexorable.
Au début, la maladie d’Alzheimer est très peu ou pas visible et ce n’est qu’après des mois, voire des années que surviennent les premiers troubles apparents, faisant évoquer le diagnostic.
La maladie d’Alzheimer entraîne des troubles variés chez les patients : perte des fonctions cognitives (mémoire, langage, raisonnement), motrices (mouvements, équilibre, gestes du quotidien) et comportementales (comportement inadapté à une situation, etc.).
Comme elle s’accompagne d’un trouble neurocognitif, on dit que la maladie d’Alzheimer est une maladie neurocognitive.
Ces troubles peuvent, chez une même personne, se modifier avec le temps, mais l’évolution qui s’étend sur de nombreuses années, est irréversible. Globalement, les fonctions cérébrales déclinent peu à peu.
La maladie d’Alzheimer modifie la vie familiale, sociale, voire professionnelle des personnes concernées et elle aboutit progressivement à une perte d’autonomie.
Qu’est-ce qu’un trouble neurocognitif ?
Le trouble neurocognitif est une réduction acquise (ce trouble était absent auparavant), durable et allant en s’aggravant des fonctions de la cognition : attention, mémoire, capacité à décider, à planifier, langage, capacité à maitriser des activités connues, capacités à percevoir les émotions d’autrui). Le comportement et la personnalité de la personne change.
Ce trouble est d’abord léger, puis il s’aggrave pour devenir sévère.
Un trouble neurocognitif très sévère (autrefois appelé démence) correspond à des troubles évoluant depuis plus de six mois et aboutissant à une perte de l’autonomie dans la vie :
- une altération importante des fonctions cognitives ou intellectuelles (troubles de la mémoire, de l’attention, du langage, difficultés dans la formulation des idées, dans le raisonnement…) ;
- et/ ou une dégradation des fonctions sociales (difficultés dans la perception du monde extérieur, perturbation des conduites sociales…)
La maladie d’Alzheimer est la plus fréquemment en cause.
D’autres maladies neurodégénératives, hormis la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer appartient au groupe des maladies neurodégénératives dont elle est la cause la plus fréquente. D’autres maladies neurodégénératives existent et parmi elles :
- la maladie à corps de Lewy (dépôts caractéristiques dans le noyau de certaines cellules). Les malades présentent un ralentissement moteur avec un syndrome parkinsonien léger, des troubles de la vigilance avec souvent des épisodes de somnolence, un sommeil perturbé par des rêves et gestes brusques et des hallucinations visuelles (personnes, animaux, etc. ;
- la maladie de Parkinson ;
- les dégénérescences lobaires frontotemporales (des régions frontales et temporales du cerveau) dont les symptômes sont des troubles du comportement, des changements de personnalité (manque d’initiative, inertie et/ou désinhibition), des troubles du langage, une rigidité musculaire ;
- d’autres maladies plus rares, dont :
- la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot associant une paralysie progressive des muscles qui s’atrophient, des contractions musculaires involontaires et durables, des troubles de la respiration et de la déglutition ;
- la maladie de Huntington associant des troubles moteurs avec contractions musculaires involontaires et incontrôlables, des difficultés respiratoires, des troubles de la parole et de la déglutition.
Des lésions cérébrales identifiées dans la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’apparition de deux types de lésions particulières : les plaques amyloïdes autour des neurones et la dégénérescence neurofibrillaire.
Ces lésions sont associées, chacune, à un composé protéique spécifique :
- La protéine bêta amyloïde, naturellement présente dans le cerveau, s’accumule à l’extérieur des neurones en formant des plaques appelées plaques amyloïdes ou plaques séniles, toxiques pour les neurones.
- La protéine Tau, naturellement présente dans l’organisme, participe normalement à la constitution du squelette des cellules. Dans la maladie d’Alzheimer, cette protéine est modifiée et, en désorganisant la structure des neurones, elle produit une dégénérescence neurofibrillaire aboutissant à la mort des neurones.
Ces anomalies envahissent progressivement l’ensemble du cerveau à partir de l’hippocampe (zone des lobes temporaux du cerveau impliquée dans le phénomène de mémorisation) et détruisent les neurones.
Les facteurs favorisant la survenue de la maladie d’Alzheimer
Le facteur prépondérant dans la survenue de la maladie d’Alzheimer : l’âge
Après 65 ans, la fréquence de la maladie augmente et tout particulièrement après 80 ans. La maladie d’Alzheimer touche 15 % des personnes de plus de 80 ans.
Les facteurs génétiques de la maladie d’Alzheimer
Il existe une prédisposition génétique dans la survenue de la maladie d’Alzheimer chez une personne âgée. En effet, lorsqu’un parent du premier degré (père ou mère, frère ou sœur) est atteint, le risque de développer la maladie est multiplié par 1.5 et si deux parents sont atteints, le risque est multiplié par 2. Des études ont mis en évidence certains gènes associés à un risque de survenue de la maladie.
Les formes familiales précoces de maladie d’Alzheimer et héréditaires concernent seulement 1 à 2 % des cas. Les premiers symptômes apparaissent autour de 45 ans. Dans la moitié de ces cas, des mutations rares au niveau de trois gènes à l’origine de la maladie ont pu être identifiées.
Mode de vie, santé et maladie d’Alzheimer
Il semble que divers facteurs soient associés à la survenue plus fréquente de la maladie d’Alzheimer. Le plus souvent, il est possible d’agir sur ces facteurs pour en limiter les effets :
- la sédentarité et l’insuffisance d’activité physique ;
- les habitudes alimentaires et la consommation excessive d’alcool ;
- l’insuffisance de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (HTA traitée tardivement, diabète non équilibré, cholestérol et triglycérides sanguins augmentés, tabagisme prolongé, obésité…) ;
- les troubles sensoriels (déficit de l’audition ou de la vue) ;
- l’isolement social, la dépression ;
- les anesthésies générales répétées et les microtraumatismes répétés du cerveau (par exemple chez les boxeurs).
La maladie d’Alzheimer est-elle fréquente ?
La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente. À ce jour, on estime que 850 000 personnes sont atteintes en France.
Sa fréquence augmente avec l’âge. Rare avant 65 ans, la maladie d’Alzheimer touche 15 % de la population après 80 ans. Après 65 ans, elle concerne environ deux fois plus de femmes que d’hommes.
Avec le vieillissement de la population, une hausse du nombre de cas est prévisible. D’ici 2050, un doublement du nombre de cas de personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative est attendu.
En 2023, l’Assurance Maladie a pris en charge pour « démence, dont maladie d’Alzheimer » 709 500 personnes dont 68 % de femmes. L’âge moyen est de 85 ans.
Ce contenu est rédigé par :
• le docteur Laurence Rinuy, médecin-conseil à l’Assurance Maladie,
• le docteur Myriam Boivin, médecin-conseil à l’Assurance Maladie,
• et le docteur Jean-François Laurent, pharmacien-conseil à l’Assurance Maladie.